Tour d’horizon des dernières heures sur le front des énergies pilotables. Le nucléaire confirme sa fiabilité avec une production d’avril en hausse, les marchés spot envoient des signaux contrastés et la filière hydrogène française continue d’avancer pas à pas.
Nucléaire
EDF publie sa production nucléaire d’avril 2026 : 29,3 TWh, soit 2,2 TWh de plus qu’un an plus tôt. Le parc tient son cap. Les prévisions annuelles restent comprises entre 350 et 370 TWh pour 2026 et 2027, des niveaux que la France n’avait plus connus depuis six ans. La meilleure disponibilité des réacteurs et la gestion plus serrée des arrêts pour maintenance expliquent ce redressement. Source : EDF
Programme EPR2 : la décision finale d’investissement approche. Un audit d’État du devis a été remis au premier trimestre, le coût plafonné à 72,8 milliards d’euros pour les six premiers réacteurs. L’avis définitif de l’ASNR sur Penly est attendu à l’automne, étape clé avant le décret d’autorisation prévu fin 2026. La Commission européenne examine en parallèle le mécanisme d’aide publique. Source : Sfen
Quatrièmes visites décennales du palier 1 300 MW lancées à Paluel. L’ASNR a validé en juillet 2025 le principe de la prolongation des vingt tranches au-delà de leur durée de conception initiale. Les exigences détaillées seront appliquées réacteur par réacteur, un processus qui s’étirera jusqu’en 2040. Un avis sur le vieillissement des installations au-delà de 60 ans est attendu en novembre 2026. Source : Sfen
Hydrogène
Air Liquide Normand’Hy livrera son premier hydrogène à TotalEnergies au second semestre. L’électrolyseur PEM de 200 MW, le plus puissant d’Europe, alimentera la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher. Capacité visée : 28 000 tonnes d’hydrogène bas-carbone par an, soit 250 000 tonnes de CO2 évitées. Investissement : 400 millions d’euros. Source : L’Usine Nouvelle
Lhyfe accélère au Cheylas (Isère). Le site, son plus gros en France, vise une production de 4 tonnes par jour avec 10 MW d’électrolyse installés. Cible : décarboner la chimie, la métallurgie et la microélectronique alpine, plus la mobilité touristique. Le projet bénéficie de 5,5 millions d’euros du Fonds pour une transition juste européen. Source : L’Usine Nouvelle
Stockage et flexibilité
RTE obtient le feu vert de la CRE pour un plan d’investissement de 4,24 milliards d’euros en 2026. Le gestionnaire prépare un réseau qui devra absorber un raz-de-marée d’EnR et de flexibilités décarbonées. Les renforcements concernent à la fois les liaisons grand transport et les zones de raccordement de production. Source : Selectra
BESS : plus de 7 GW de projets dans les tuyaux selon RTE. La filière française a multiplié par onze sa capacité raccordée en quatre ans, dépassant le gigawatt fin 2024. Le secteur attire désormais des financements participatifs, comme le projet Mitra (5,7 MWh) dont la souscription a ouvert le 11 mai pour une mise en service au troisième trimestre. Source : Lendosphere
Stratégie et marché
Prix spot : écart de 400 % sur une seule journée le 21 mai. Le tarif horaire est descendu à 0,0370 €/kWh à 10 h, dopé par la production solaire de mi-journée, avant de remonter à 0,1849 €/kWh à 21 h. Le prix moyen day-ahead s’établissait à 61 €/MWh, plaçant la France au quatrième rang européen. Le signal pour la flexibilité n’a jamais été aussi clair. Source : Selectra
La PPE3 acte la relance et fixe le cap : 60 % d’énergie décarbonée dès 2030. Production électrique bas-carbone visée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023. Le nucléaire reste la « colonne vertébrale » du système, selon le Premier ministre. Le plan national d’électrification est en cours de déploiement. Source : economie.gouv.fr
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