La canicule dicte l’agenda énergétique. Réacteurs bridés sur la Garonne, prix spot qui s’envolent, réseau sous tension : voici ce qu’il faut retenir des dernières quarante-huit heures.
Nucléaire

Golfech à l’arrêt complet. EDF a stoppé le réacteur Golfech 2 (1,3 GW) lundi soir, jusqu’au 30 juin. La Garonne approche des 28 degrés, seuil au-delà duquel un arrêté de 2006 interdit les rejets d’eau chaude. Golfech 1 étant déjà en maintenance, la centrale tarn-et-garonnaise est désormais totalement à l’arrêt. Source
D’autres sites sous surveillance. Le réacteur Civaux 2 s’était arrêté dimanche, avec un retour prévu lundi après-midi. EDF prévient que des baisses de puissance pourraient suivre au Blayais, à Saint-Alban et au Bugey, tous installés en bord de fleuve. Source
Une vulnérabilité qui grandit. Jusqu’ici, les arrêts environnementaux n’ont coûté que 0,3 % de production annuelle. Mais sans adaptation des installations, EDF chiffre la perte moyenne à 1,4 % en 2035 et 1,5 % en 2050. Le réchauffement transforme un aléa marginal en contrainte structurelle. Source
Hydrogène

Ballard avale GeoPura. Le canadien Ballard, spécialiste de la pile à combustible, rachète le britannique GeoPura pour étoffer son écosystème. Un signal de consolidation dans une filière encore en quête de débouchés rentables. Source
Toyota cible cinq régions européennes. Via sa Mobility Foundation, le constructeur lance un appel à candidatures pour accélérer l’hydrogène dans cinq grands bassins européens. Source
Une turbine H2 dans une voiture ? Toyota a déposé un brevet inattendu : une turbine à hydrogène embarquée. L’idée intrigue, loin des piles à combustible classiques. Source
Stockage & Flexibilité
RTE se veut rassurant. Dans un communiqué du 22 juin, le gestionnaire affirme qu’il n’existe pas d’inquiétude sur l’approvisionnement estival. La pointe attendue lundi, 57 GW, restait sous le record de 60 GW du 1er juillet 2025. Source
La clim, ce nouveau pic. Chaque degré au-dessus des normales ajoute 0,7 à 1 GW de consommation. Dimanche, la climatisation a pesé 10 GW de plus, lundi 12 GW, soit l’équivalent de douze réacteurs moyens. Trois fois moins qu’un degré de froid en hiver, mais de quoi tendre un système déjà fragilisé. Source
Stratégie & Marché

280 euros/MWh, du jamais vu depuis 2023. Le mégawattheure pour livraison immédiate a frôlé 280 euros mardi 23 juin vers 21 h, un sommet inédit depuis août 2023. Outre-Rhin, le pic a même atteint 615 euros/MWh. Fin mai, le MWh valait encore 85 euros en France. Source
Le gaz revient en force. Avec le nucléaire bridé et l’éolien à plat, le gaz pèse désormais 6 % du mix français contre 1 % une semaine plus tôt. Le nucléaire est retombé de 72 % à 62 %. Source
Carbone en hausse, garanties d’origine en chute. L’EUA décembre 2026 a clôturé à 80,58 euros/t (+4,69 %). À l’inverse, le prix moyen des garanties d’origine françaises a plongé de 24 %, à 1,56 euro/MWh, malgré une demande solide. Source
Demain, tout dépendra du thermomètre. Si la canicule s’installe, les pics de soirée pourraient devenir la routine de la semaine.


