Le nucléaire n’a plus seulement un problème de canicule, il a un problème politique. Trois réacteurs à l’arrêt depuis dimanche, une campagne gouvernementale pour « électrifier la France » lancée la veille du premier arrêt, et une annonce de huit EPR2 supplémentaires qui se prépare pour janvier : le contraste ne passe pas inaperçu. Ailleurs, un pionnier français de l’hydrogène cherche de l’argent dans l’urgence, et Bruxelles vient de signer un chèque de 63 milliards d’euros pour l’éolien en mer. Tour d’horizon du 14 juillet.
Nucléaire
La veille de l’arrêt du réacteur de Golfech, le gouvernement lançait sa campagne « Électrifions la France », vantant les mérites du tout-électrique en pleine restriction thermique du parc. Le programme EPR2, lancé à Belfort en février 2022, doit encore s’étoffer : huit réacteurs supplémentaires pourraient être annoncés en janvier, dont deux potentiellement à Golfech, le site même qui vient d’être mis à l’arrêt pour cause de chaleur. Pour Julien Syren, codirecteur de la Criirad, « il y a un angle mort sur la réflexion nucléaire et le réchauffement climatique ». La Relève et la Peste (13 juillet)
Suite de l’info : la note salée de la canicule se lit aussi sur les prix. Lundi 13 juillet, le spot est passé de 51 €/MWh en milieu d’après-midi à 165 €/MWh le soir, pour une moyenne à 114 €/MWh. La France reste malgré tout 2e pays le moins cher d’Europe sur onze comparés, juste derrière les Pays-Bas, grâce à la disponibilité de son parc. Civaux, avec son système de refroidissement inversé, continue de faire figure d’exception sur la Vienne. Selectra (13 juillet)
Hydrogène
Le fabricant isérois de stations hydrogène HRS cherche des financements dans l’urgence. Le plan d’économies engagé ces derniers mois ne suffira pas : l’entreprise doit trouver de nouvelles ressources cet été pour boucler l’exercice, dans un marché des stations qui peine encore à trouver son rythme de croisière. GreenUnivers (7 juillet)
Stockage & Flexibilité
Décaler 10 % de sa consommation aux heures chères, tous les jours, sans rogner sur le confort : c’est ce que confirme la 3e saison du concours Cube Flex, portée par RTE, Enedis et A4MT. Sur 66 bâtiments tertiaires suivis, certains font beaucoup mieux, jusqu’à 30 % de baisse lors des pointes hivernales. Autre enseignement de la saison : sur certains sites, la recharge des véhicules électriques représente jusqu’à 77 % de la puissance appelée en pointe, un gisement que RTE veut désormais structurer et piloter. RTE (10 juillet)
Stratégie & Marché
La Commission européenne a validé un régime d’aides françaises de 63 milliards d’euros pour l’éolien en mer, au titre du nouveau cadre CISAF adossé au pacte pour une industrie propre. Onze parcs sont concernés, en Manche, Atlantique et Méditerranée, pour une capacité combinée pouvant atteindre 11,1 GW, soit environ 10,6 % de la consommation électrique française. Le soutien prendra la forme d’un contrat pour différence bidirectionnel : l’État complète quand le marché est bas, les producteurs reversent quand il grimpe. Représentation de la Commission européenne en France (13 juillet)
À l’assemblée générale du Syndicat des énergies renouvelables, la ministre Maud Bregeon a précisé le calendrier des prochains appels d’offres. L’éolien terrestre est plutôt rassuré, avec un appel d’offres visant 1 GW cette année. Le solaire, lui, reste sur sa faim : aucune annonce n’est venue calmer une filière en pleine crise de rentabilité. GreenUnivers (7 juillet)
C’est tout pour cette veille. Pilotable.fr décortique chaque jour l’actualité des énergies pilotables, nucléaire, hydrogène, stockage et flexibilité. Rendez-vous demain.


