Un EPR mis à l’arrêt pour un an, une station hydrogène qui ouvre à Hanovre, des batteries qui court-circuitent les files d’attente de raccordement. La semaine confirme surtout une chose : le système électrique se pilote de plus en plus au jour le jour, poste source par poste source. Tour d’horizon.
Nucléaire
L’EPR de Flamanville s’arrête pour un an à partir de samedi. EDF lance sa première visite complète du réacteur depuis sa mise en service : remplacement du couvercle de cuve, plusieurs milliers d’opérations de maintenance au programme. Le rituel classique d’un réacteur qui entre dans sa vie industrielle. Sauf que pour l’EPR, personne en France n’a encore d’historique. (Boursorama, 23/09)
Hydrogène
Une station hydrogène pour poids lourds ouvre près de l’aéroport de Hanovre. Deux distributeurs, de 350 à 700 bars, et un premier client : Schreck + Batz Logistik, qui teste un Hyundai XCIENT Fuel Cell loué via Hylane sur des tournées jusque-là assurées au diesel. La station est positionnée sur le corridor européen RTE-T Mer du Nord-Baltique. Rien d’un hasard. (H2 Mobile, 22/09)
Stockage & Flexibilité
Les batteries deviennent un outil de raccordement, pas seulement de valorisation solaire. Un centre logistique qui attendait trois ans pour obtenir 2,5 MW de puissance a fini par se connecter tout de suite, grâce au stockage. En France, 17 % des installations photovoltaïques mises en service au premier semestre étaient couplées à une batterie, et 6 433 MW d’autoconsommation collective tournent déjà sur le réseau Enedis. L’Allemagne et l’Italie ont ajouté 6,6 GW et 5 GW de stockage en 2025 ; la France, elle, reste sur un modèle de financement moins abouti. On détaille ce décalage dans notre article du jour. (pv magazine France, 24/09)
Stratégie & Marché
RTE dresse le bilan d’un été chaud, mais tenu. Cinquante-trois jours de canicule, une consommation en hausse de 4 à 5 % en juin-juillet, un pic à 58 GW, sous le record de 60 GW de 2025. La France est restée exportatrice nette 99,9 % du temps et a écoulé 23,7 TWh à l’étranger sur la période. Seul vrai point noir : l’hydraulique, à son deuxième plus bas niveau en cinquante ans à cause de la sécheresse. 24 milliards d’euros d’investissements réseau sont programmés d’ici 2040. (L’EnerGeek, 24/09)
Bruxelles impose une étiquette énergétique A-G aux data centers. Dès 2027, tout site de plus de 500 kW devra publier sa consommation par unité de calcul, son usage d’eau annuel, le stress hydrique local et sa capacité de récupération de chaleur. Pas de plafond, pas d’interdiction technologique : la Commission mise sur la transparence plutôt que la contrainte. La consommation des data centers européens doit passer de 68 TWh en 2024 à 114 TWh en 2030, et l’Île-de-France concentre déjà plus de 70 % de la capacité française. (L’EnerGeek, 23/09)
Le SER dégaine 27 propositions avant la présidentielle. Bouclier énergétique universel fusionnant les aides existantes, fonds de transition adossé à l’épargne des Français, exonération d’accise pour l’électricité achetée en PPA, programmation à horizon 2050. Le syndicat des énergies renouvelables présente son programme le 29 septembre aux équipes des candidats. La ministre de l’Énergie, elle, ne sera pas dans la salle. (GreenUnivers, 24/09)
109 territoires sélectionnés pour sortir du gaz. Un comité spécial doit se réunir la semaine prochaine pour lancer officiellement le dispositif d’électrification. Chaque territoire lauréat devra présenter une feuille de route concrète avant le 1er décembre. Reste à voir combien tiendront le délai. (GreenUnivers, 24/09)
La semaine qui vient s’annonce chargée : premiers signaux à surveiller côté Conseil de politique nucléaire, et les 27 propositions du SER à confronter aux programmes qui commencent tout juste à sortir. On y reviendra.
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