Une candidature nucléaire de plus dans la course aux EPR2, l’hydrogène mondial qui passe la barre des 130 milliards de dollars engagés, le stockage par batterie qui explose. Voici ce qu’il fallait retenir des dernières 48 heures sur les filières pilotables.
Nucléaire
Nogent-sur-Seine a officiellement remis sa candidature à Bernard Fontana, PDG d’EDF, pour accueillir deux EPR2. Argument avancé par la ville : deux lacs réservoirs artificiels, Orient et Temple, qui totalisent 400 millions de mètres cubes d’eau et sécurisent le refroidissement en cas de faible débit de la Seine. Après Penly, Gravelines et Bugey déjà retenus en première phase, quatre sites restent à désigner d’ici la fin de l’année. Chaque projet pèserait près de 10 milliards d’euros et 10 000 emplois. On revient en détail sur les enjeux de cette candidature dans notre article du jour. (Révolution énergétique, 13/09)
Ailleurs dans le monde, la World Nuclear Association recense désormais près de 80 réacteurs en chantier, 22 de plus qu’en 2024. La hausse vient surtout d’Asie, Chine en tête. Mais la capacité installée peine à suivre : sur vingt ans, 111 réacteurs arrêtés pour seulement 101 mis en service, et une production 2024 à peine supérieure au record de 2006. Le nucléaire ne pèse plus que 9 % du mix électrique mondial. Kazakhstan, Pologne, Ouzbékistan, Vietnam, Bangladesh, Égypte et Turquie avancent tous vers leur toute première centrale. (Révolution énergétique, 13/09)
Hydrogène
Le Hydrogen Council et McKinsey ont publié leur Global Hydrogen Compass 2026 : 130 milliards de dollars engagés sur plus de 570 projets dans le monde, une capacité opérationnelle en hausse de 70 % sur un an pour atteindre 1,7 million de tonnes. Prochaine étape annoncée : 3,8 millions de tonnes l’an prochain. Le bémol, et il est de taille, c’est que la moitié de la demande prévue pour 2030 dépend de textes réglementaires votés mais toujours pas appliqués. (H2 Mobile, 14/09)
Stockage & Flexibilité
108 GW de stockage par batterie installés dans le monde en 2025, soit 40 % de plus qu’en 2024 et onze fois plus qu’en 2021, selon l’Agence internationale de l’énergie. La Chine concentre 60 % de ce déploiement. Autonomie moyenne : deux heures, parfois quatre. Et la technologie LFP domine désormais 90 % du marché, contre moins de la moitié il y a cinq ans. (Révolution énergétique, 12/09)
Trois ans après la tempête Ciaran et ses 315 000 foyers privés d’électricité en Normandie, Enedis enterre ses lignes les plus exposées. À Falaise, dans le Calvados, 4 kilomètres ont déjà été enfouis pour 600 000 euros. Le gestionnaire vise près de 600 kilomètres consolidés en Normandie d’ici 2030, budget total : 120 millions d’euros. Une manière de muscler la résilience du réseau en amont plutôt que de réparer après coup. (Révolution énergétique, 17/09)
Stratégie & Marché
Le premier PPA multiacheteurs de Nouvelle-Aquitaine tient ses délais : la centrale solaire de Valeco à Durance (23,4 MWc) alimente depuis le 1ᵉʳ août neuf entreprises réunies par le Club des ETI de la région, pour une inauguration prévue ce 18 septembre. Selon son délégué général Grégoire Le Taillandier, l’opération est jugée positive au vu du prix spot observé en août. (GreenUnivers, 17/09)
Financer un projet renouvelable coûte plus cher depuis l’été. Sur un financement de 5 millions d’euros pour une centrale solaire, la facture grimpe de 250 000 à 300 000 euros, calcule Jean-Claude de Sousa, du cabinet Taleer. La hausse serait plus marquée dans l’éolien terrestre, un peu moindre en méthanisation. Rien à voir avec l’économie des renouvelables elle-même : c’est le loyer de l’argent qui a changé. (GreenUnivers, 16/09)
Fin de cette veille. Retrouvez chaque matin l’actualité des énergies pilotables sur Pilotable.fr.
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