Deux péniches coulées dans le Danube pour maintenir un réacteur en vie. Une centrale espagnole qui gagne trois ans de sursis. Et une gigafactory chinoise entièrement dédiée au stockage longue durée. Le week-end du 15 août n’a pas ralenti grand-chose.
Nucléaire
La Hongrie coule deux barges pour sauver Paks. Le Danube est tellement bas que les prises d’eau de la centrale ne suivaient plus. Résultat : 25 % de puissance disponible seulement. Budapest a fait immerger deux péniches remplies d’eau près des pompes pour relever le niveau de quelques centimètres. Le débit nécessaire est de 100 m³/s, le fleuve en délivre trois fois moins. Un deuxième réacteur a pu redémarrer. Les barges tiendront deux semaines au maximum, et un barrage est déjà à l’étude. Révolution Énergétique, 16 août 2026
Almaraz gagne trois ans. Madrid repousse au 8 juin 2030 l’arrêt des deux réacteurs de 1 040 MWe, après avis favorable de l’autorité de sûreté. La fermeture était actée depuis 2019 pour 2027-2028. Iberdrola, Endesa et Naturgy réclamaient ce report ; le black-out de l’an dernier a fait le reste. La centrale pèse 7 % de la production espagnole. Révolution Énergétique, 15 août 2026
Hydrogène
NEOM entre en phase d’essais. ACWA Power annonce la fin du chantier après trois ans de travaux : 2,2 GW d’électrolyse alimentés par environ 4 GW de solaire et d’éolien, pour 600 tonnes d’hydrogène par jour. Facture totale, 8,4 milliards de dollars, dont 6,1 milliards levés auprès de 23 banques. Mise en service commerciale visée en 2027. H2-Mobile, 15 août 2026
Rome met 90 millions sur l’hydrogène. Sur une enveloppe de 110 millions d’euros signée avec l’opérateur ATAC, 83,6 millions vont aux bus à pile à combustible, contre 27,1 millions pour l’électrique à batteries. Un électrolyseur de 560 kg par jour est prévu au dépôt d’Acilia. L’Italie continue de trancher en faveur de l’hydrogène là où la France hésite. H2-Mobile, 17 août 2026
Un électrolyseur au dépôt, en Rhénanie. La régie RVK lance à Mechernich la construction d’une station publique adossée à un électrolyseur de 36 kg/h, alimenté exclusivement en renouvelable. Ses bus rouleront dessus dès fin 2026. Le modèle « je produis là où je consomme » gagne du terrain sur les flottes captives. H2-Mobile, 14 août 2026
Toyota met sa pile à combustible sur un vélo. Expérimentation en libre-service depuis le 7 août à Namie, dans la préfecture de Fukushima. Toyota Boshoku a miniaturisé la technologie de la Mirai : 80 km d’autonomie, hydrogène stocké à moins de 10 bars contre 700 sur une voiture. La basse pression change tout côté réglementaire. H2-Mobile, 16 août 2026
Stockage & Flexibilité
Une gigafactory chinoise dédiée au stockage longue durée. HiTHIUM met en service un parc industriel de 80 hectares consacré au LDES, pour 1,4 milliard d’euros. Chaque ligne sort 15 GWh de cellules LFP par an, avec 95 % des opérations automatisées. Pendant que l’Europe débat des technologies de rupture, la Chine industrialise le lithium. Révolution Énergétique, 16 août 2026
Budapest bride les bornes de recharge. Conséquence directe du Danube : plusieurs opérateurs hongrois réduisent temporairement la puissance de leurs bornes pour soulager le réseau. De l’effacement, sans le mot. Les automobilistes découvrent que la flexibilité peut être subie autant que contractualisée. L’EnerGeek, 16 août 2026
Stratégie & Marché
Amazon construit 7,65 GW de gaz au Texas. Trente-cinq turbines dans le comté de Pecos, un réseau privé, trois centres de données au bout. Jusqu’à 30 millions de tonnes de CO2 par an, l’équivalent de l’Irlande. Le groupe a pourtant mis 500 millions de dollars dans les SMR, mais X-Energy ne livrera rien avant 2030. Le calendrier de l’IA ne s’aligne pas sur celui du nucléaire. Révolution Énergétique, 11 août 2026
L’éolien européen respire. Vestas affiche 285 millions d’euros de bénéfice net au deuxième trimestre, contre 34 millions un an plus tôt, avec des commandes en hausse de 61 %. Siemens Gamesa repasse dans le vert pour la première fois depuis quatre ans. Nordex dépasse ses prévisions. L’Europe vise 151 GW supplémentaires d’ici 2030, mais les cinq premiers fabricants mondiaux restent chinois. Révolution Énergétique, 14 août 2026
Deux histoires se répondent aujourd’hui. À Paks, on coule des barges pour gagner quelques centimètres d’eau. Au Texas, on aligne trente-cinq turbines à gaz parce que les réacteurs n’arriveront pas à temps. Dans les deux cas, la pilotabilité se négocie au présent, avec les moyens du bord. Le stockage longue durée est peut-être la seule réponse qui ne dépende ni d’un fleuve ni d’un permis de construire nucléaire.
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